À table, la première impression se joue souvent en quelques secondes : votre façon de tenir et de reposer les couverts en dit beaucoup sur votre aisance, sans en avoir l’air. Faut-il pour autant découper vite et fort ? Au contraire : la précision vaut mieux que la force. D’ailleurs, les codes français demeurent remarquablement stables, même si certaines pratiques ont évolué avec les matériaux modernes.
1) Tenue du couteau et geste de découpe

L’index repose sur le dos du manche du couteau de table, suffisamment en retrait pour ne jamais toucher la lame. Les autres doigts épousent le manche, de sorte que l’ustensile se loge naturellement dans la paume. Cette tenue ferme sans rigidité assure un guidage propre, y compris avec des couteaux bien équilibrés. Pourquoi forcer quand la mécanique du geste suffit ? La découpe s’effectue en va-et-vient, non par pression verticale, afin d’éviter d’écraser les fibres des aliments. La fourchette, dents orientées vers le bas, stabilise la bouchée, que l’on tranche juste avant de la porter à la bouche, pour conserver chaleur et jus. Lors d’une pause, le couteau se dépose sur le bord de l’assiette, tranchant tourné vers l’intérieur : jamais directement sur la nappe.
2) Ce qu’il faut éviter selon les aliments
Dans la tradition française, certains mets se passent de couteau : omelette, légumes cuits, pâtes se travaillent à la fourchette. Rompre le pain avec les doigts, et non le couper, reste la norme, au même titre que l’art de « pousser » un morceau avec le pain plutôt qu’avec la lame. La salade ? Certes, on ne la coupe pas dans les codes classiques. Toutefois, l’argument chimique d’oxydation a perdu de sa pertinence avec les aciers inoxydables modernes, d’où une pratique plus souple dans certains milieux. À chacun, donc, de s’adapter selon le contexte : dîner très formel ou table courante ?
3) Poisson, fromage, pain : trois cas d’école
Pour le poisson, le principe est de détacher plutôt que de couper. Si un couteau à poisson est dressé, sa large lame peu tranchante agit comme une spatule. Sinon, deux fourchettes suffisent pour lever délicatement la chair et dégager les arêtes. Quant au fromage, la découpe suit la géométrie de la meule ou du cylindre afin de répartir équitablement la croute et le cœur entre convives. Enfin, le pain se rompt à la main, au fur et à mesure, sans utilisation du couteau : une règle simple qui évite miettes intempestives et marques sur la nappe.